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Quart Monde et procès d’Assises à Angers : pas d’amalgame

Plusieurs intervenants (avocats, magistrats, journalistes) du procès d’assises qui débute à Angers ont utilisé le mot « quart monde » d’une manière qui nous paraît injuste. Le Mouvement ATD Quart Monde souhaite rappeler l’origine de ce mot qui est source d’honneur pour des milliers de personnes qui combattent pour la justice. Nous voulons également attirer l’attention sur des risques de glissement et d’amalgame.

Le terme Quart Monde a été créé dans les années soixante par Joseph Wrésinski, fondateur du Mouvement ATD Quart Monde. En référence au Quatrième Ordre, qui tenta de se faire représenter lors des Etats Généraux de 1789, il voulait donner une identité positive à une population qualifiée jusque là d’asociale, inadaptée, etc… Le terme « Quart Monde » voulait donc réhabiliter – en France et dans le monde – une population certes démunie, mais debout, digne, luttant contre la misère avec le soutien actif d’autres membres de la société. Aujourd’hui, des milliers de personnes se reconnaissent dans ce mot, représentant un combat pour la dignité de tous et pour les droits de l’homme. Il donne une identité à tous les membres du Mouvement ATD Quart Monde, quelle que soit leur origine sociale. En particulier, pour les militants de ce Mouvement qui ont l’expérience de la grande pauvreté, cette identité représente une force qui leur permet de prendre la parole et d’agir en leur nom et au nom de tous les leurs. Pour eux, « je suis du Quart Monde » est synonyme de fierté et de courage.

Lorsqu’on emploie le mot « quart monde » pour désigner ceux qui vivent la misère, qu’au moins on n’opère pas un glissement qui donne à ce terme une connotation dépréciative. C’est pourtant ce qui se dessine en ces premiers jours du procès d’assises d’Angers. Le Mouvement ATD Quart Monde condamne sans aucune restriction les actes barbares et toute forme de pédophilie. Mais il s’élève contre l’amalgame profondément injuste qui ferait rejaillir ces faits sur toute une partie de nos concitoyens déjà victimes de conditions de vie indignes, et, bien souvent, d’un regard injuste. Le Mouvement ATD Quart Monde demande aux journalistes, aux avocats, aux magistrats de veiller à ne pas créer d’amalgame.

Contact presse :

Typhaine Cornacchiari

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