Entrez votre recherche ci-dessous :

« Mettre fin à la violence de la misère : s’appuyer sur les capacités de tous pour bâtir la paix »

Isabelle PerrinIsabelle Perrin, Déléguée générale du Mouvement international ATD Quart Monde

En proposant cet axe pour le 17 octobre, les Nations Unies reconnaissent que ceux qui ont la vie difficile ont raison d’oser affirmer que la misère est une violence, que la paix n’est possible que si chaque personne est reconnue dans sa dignité, dans son savoir et sa capacité d’agir avec les autres. L’ONU soutient ainsi leur courage et leurs efforts de paix, comme elle l’a fait en 1992 en reprenant l’appel de Joseph Wresinski et en proclamant le 17 octobre « journée mondiale du refus de la misère. » Une journée bâtie depuis les lieux les plus abandonnés, devenue en 25 ans un espace de rencontre durable entre personnes de tous horizons qui témoignent qu’une nouvelle façon de vivre, de penser et d’agir ensemble est possible.

On parle beaucoup aujourd’hui de communication, de mise en réseau, de coopération. Ce sont des chantiers essentiels pour faire face aux défis de l’avenir. Mais chaque jour, des enfants perdent espoir à l’école parce qu’on ne croit pas en eux et dans leur famille. Chaque jour, des communautés sont chassées de nos villes. Chaque jour, des femmes et des hommes disparaissent dans l’indifférence, comme s’ils étaient en trop, inutiles, pour construire notre avenir commun.

Toutefois, des personnes cherchent à inventer une façon de communiquer, de se relier et de coopérer faisant émerger la contribution unique de chacun. Comme en France, où des acteurs-clé de l’éducation, dont des jeunes et des adultes confrontés à la grande pauvreté, ont élaboré des propositions pour une école qui permette la réussite de tous. Leur prise de parole et leur engagement courageux montrent que seule une école de la rencontre avec celui qui est différent, une école du partage du savoir entre tous sans exception, sera à la hauteur de l’intelligence et des capacités de chaque enfant à créer l’amitié. Une école qui développerait de tels savoir-faire et savoir-être ne créerait-elle pas la modernité dont ont besoin nos sociétés afin de sortir des crises successives qui les secouent ?