CLAIRE, 31 ans, Ermont (Val d’Oise)
« Se lancer complétement . » Voilà trois ans que Claire Exertier a rejoint le volontariat, après une décision longuement mûrie. Cette jeune bibliothécaire qui a toujours voulu « apporter des livres là où il n’y en a pas » a découvert ATD Quart Monde grâce aux "temps d’avenir partagé" : « j’ai été touchée par les familles démunies, je ne m’attendais pas à ça. » Elle reviendra chaque été pendant 5 ans. La question d’un engagement plus entier se dessine progressivement. C’est le déclic avec la rencontre de deux jeunes volontaires dont l’engagement permanent et l’enthousiasme la convainquent : « c’est cela que je veux faire. »
Claire a aujourd’hui deux casquettes : elle accueille des personnes intéressées par le volontariat et accompagne des familles du Val d’Oise en difficulté, notamment de logement. Le volontariat permet une disponibilité indispensable pour établir des liens durables avec les plus démunis : « Nous n’avons pas d’étiquette, nous ne sommes pas des travailleurs sociaux. Nous avons la chance d’être dans des rapports "gratuits" avec les gens. » C’est un engagement de tous les jours, pas toujours simple, mais qui lui fait dire qu’elle se sent aujourd’hui « juste avec elle-même. »
HANI, 35 ans, Marseille (Bouches-du-Rhône)
Son attention à la détresse des personnes en « rupture de liens » (familiaux, sociaux…) traverse les frontières. Dans son pays d’origine, l’Egypte, Hani était psychothérapeute en hôpitaux psychiatriques. Ce qui ne l’empêchait pas, avec quelques amis, d’aller également à la rencontre de détenus, de victimes de la prostitution, de jeunes en souffrance psychique.
Jusqu’au jour où, venu en France pour « ouvrir son horizon » il a rencontré ATD Quart Monde via des amis d’amis, ainsi que sa future femme, Marzena. Tous deux ont ainsi trouvé une ONG où s’engager durablement avec des très pauvres, avec cette conviction « géniale » que ceux-ci ont des connaissances indispensables.
Depuis trois ans, Hani et Marzena expérimentent cette relation de confiance. Ils habitent au coeur d’une cité très défavorisée et partagent tout ce qui se vit : fêtes, drames, vie quotidienne… Hani crée des liens avec habitants, associations et institutions pour que les projets tiennent compte de la volonté et de l’expérience des plus démunis.
GUILLERMO, 37 ans, Centrafrique
Guillermo n’a pas peur d’explorer le monde. Guatémaltèque, issu d’une famille du milieu agricole, il fait ses premiers pas avec le Mouvement… à 7 ou 8 ans : « j’étais un enfant de la bibliothèque de rue de mon village, San Jacinto ».
Passionné d’art et de création, il devient instituteur et continue avec un petit groupe de bénévoles à tisser des liens avec des familles très pauvres des environs en proposant des activités : « pour atteindre certains endroits, nous devions marcher 1h45 ! »
En 1994, il est marqué par un voyage à la capitale, Guatemala Ciudad : « je n’imaginais pas que des familles pouvaient loger dans des cabanes en tôles ou en carton à la capitale. » Cinq ans plus tard, il prend une décision « un peu folle » - selon ses amis - et quitte son métier d’enseignant pour devenir volontaire et s’installer dans cette ville. Quitter son ancienne vie n’est pas simple, il remet son engagement en question, notamment quand il quitte son pays pour la première fois en rejoignant en 2002 l’équipe du Pérou : « L’éloignement et le changement culturel m’ont presque décidé à partir mais les familles du quart monde m’ont donné la force de rester… » Il réalise à quel point la présence des volontaires est importante pour elles. Il sent qu’elles lui font confiance et qu’il faut que ce soit réciproque.
Ses explorations continuent… Il arrive en France en 2005 au Centre International de Pierrelaye. Et vient de rejoindre l’équipe Centrafrique…










