RAISONS DU PLACEMENT
Le placement des enfants doit avoir pour finalité de protéger l’enfant lorsqu’une « défaillance familiale » survient, tout en gardant à l’esprit que « chaque fois que c’est possible, le mineur doit être maintenu dans son milieu actuel » (article 375-2 du Code civil). Pourtant comme le rappelle le Défenseur des droits dans un communiqué « le placement peut pourtant se dérouler comme une succession de ruptures entre les modes et les lieux d’accueil, par de nombreux allers et retours déstructurants, qui peuvent créer de véritables traumatismes. »
ATD Quart Monde fait le constat :
de placements décidés alors que des soutiens la famille auraient suffi ;
des placements en urgence non motivés ;
des placements à la naissance d’une grande violence ;
de nombreux cas où le droit est bafoué ;
des situations d’enfants placés provisoirement qui durent finalement jusqu’à 18 ans.
Bien des familles que nous connaissons expriment ce déchirement avec leurs enfants qui, suite à un placement ne les reconnaissent plus, qui en ont honte ou ont le sentiment d’avoir été abandonnés.
Avec une grande inquiétude, dans plusieurs départements, nous constatons une recrudescence du nombre de signalements et de décisions de placements liés à l’absence d’accès à des droits fondamentaux tels que le logement, santé, alimentation, etc. et à leurs conséquences.
PROPOSITIONS
Une mère d’enfants placés ayant connu elle-même le placement interpellait la Défenseure des enfants, en ces termes : « je fais le rêve aujourd’hui que le placement n’existe plus. Cela doit être un choix prioritaire et humain : qu’il se crée un véritable service d’accompagnement des familles dans le but de laisser les enfants dans leur famille ; un véritable service d’accompagnement au retour des enfants dans leur famille. (…) ». ATD Quart Monde prend en considération les propositions du Défenseur des droits visant notamment à donner aux parents les moyens de maintenir les liens avec leur enfant, à anticiper la fin du placement car c’est le maillon faible de la protection de l’enfance ; pour éviter les ruptures répétées dans la vie de ces jeunes en garantissant la stabilité et la cohérence des actions dans tous les domaines de la vie de l’enfant et en développant la formation des intervenants.
Pour autant, ATD Quart Monde rappelle que le placement n’est pas une solution en soi. Des alternatives existent1. Elles nécessitent un réaménagement des moyens et permettent de maintenir l’enfant dans son milieu familial sur le long terme, sans rupture, avec un accompagnement, qui se révèle au final moins coûteux.












