« Quand on ne peut pas satisfaire aux besoins les plus élémentaires de la maison, cela crée de la division. Les enfants, surtout ceux d’aujourd’hui, ne donnent aucune valeur au père dans cette situation. Tous les problèmes qui existent dans la maison me rendent triste et cela génére de la violence, on ne se sent pas bien. » (Osnel Teleus, Haïti)
« Chez nous, la violence du conflit s’ajoute à la violence de la misère. Si quelqu’un n’a pas de travail, il va accepter de prendre l’arme des milices pour gagner sa vie. Si tout le monde avait un travail, il n’y aurait plus ce problème des rebelles. Le gouvernement fait des efforts, mais ils n’ont pas assez de moyens. » (Joachim Kobendé, République Centrafricaine)
« Je croise des enfants qui ne vont pas à l’école. Leurs parents ne leur ont pas laissé le pain pour le déjeuner. Pour nous, c’est la base que l’enfant aille à l’école. Quelle violence quand, à cause d’un bout de pain qu’on ne peut pas donner, les enfants ne pourront pas aller à l’école, et seront perdus ! » (Ricarl Pierrelouis, Île Maurice)
« Celui qui reste silencieux ne reçoit pas justice. On ne peut plus se taire et laisser parler ceux qui savent. » (Dona Valentina, Pérou)
« Se plaindre est considéré comme de la non-coopération ; protester comme une agression ; s’expliquer comme faire des excuses. » (Moraene Roberts, Grande-Bretagne)
| « Nous sommes une partie de la solution et pas du problème »
Extraits de l’intervention de Diana Skelton (Délégation générale d’ATD Quart Monde) « Les mots « violence et pauvreté » sont utilisés le plus souvent comme une accusation, pour faire reposer le poids des situations les plus dures dans le monde sur ceux qui ont le moins de pouvoir. […] Dans notre « Contrat d’engagements communs » en 20082, nous avons parlé du défi de croiser différents savoirs, et de considérer celui qui s’acquiert dans la résistance à la pauvreté au même rang que d’autres. Bien que nous et d’autres que nous expérimentent cette approche depuis plusieurs années3, elle reste en-dehors des pratiques habituelles des chercheurs. […] Il y a un regain d’intérêt pour le témoignage de personnes très démunies. Mais dans la plupart des cas, cet intérêt concerne le témoignage brut de la personne et non pas sa pensée ni son analyse.
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« En tant que responsable politique, j’ai défini des stratégies pour lutter contre la pauvreté. Cela n’a jamais marché. Ce que je découvre dans ce colloque, c’est qu’une telle démarche doit se faire avec les personnes pauvres. Nous n’avons malheureusement qu’un seul modèle en tête pour résoudre la pauvreté : la croissance économique. » (Béatrice Epaye, République Centrafricaine)
À l’issue du collogue, Eugen Brand, Délégué général d’ATD Quart Monde, a déclaré : « Nous sommes fiers des Principes directeurs sur les droits de l’homme et l’extrême pauvreté [1] et nous espérons qu’ils seront prochainement adoptés par les Nations Unies. Mais ils ne sont qu’une expression de la protection de la dignité humaine. Avec les droits de l’homme, on lutte contre la discrimination. Mais travailler à une culture de la paix permettrait la lutte contre le mépris, contre le rejet et l’abandon des personnes en situation de grande pauvreté. C’est pourquoi, au terme de la Décennie pour la culture de la paix, nous proposons aux Nations Unies un chantier de croisement des savoirs afin d’élaborer des « Principes directeurs pour une culture de la paix » enracinés dans le refus de la misère. »
Eugen Brand a également formulé deux autres propositions : que le Comité qui attribue le Prix Nobel de la Paix examine la façon dont il pourrait honorer le courage de tous ceux qui, au cœur de la misère, cherchent à construire la paix ; que soit inscrit dans les constitutions des pays le texte gravé sur le parvis du Trocadéro à Paris : « Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré ».
Voir sur http://bit.ly/AwYSIP les vidéos du colloque.
Page réalisée avec le soutien de Leslye Abarca, Typhaine Cornacchiari, Bruno Couder, Samira Oulebsir, Pascal Percq et Jo-Lind Roberts. Photos François Phliponeau.








