La peinture, pour moi, c’est être quelqu’un ; même pas : c’est une envie de ne pas être rien. Ce que j’espère un jour, c’est être libre, vraiment être libre. Être moi-même, je n’ai jamais pu être moi-même, diriger mes affaires moimême. Si tu n’as pas appris, tu es obligé d’avoir quelqu’un à côté de toi, tu ne peux pas te diriger, c’est exclu. Si tu n’as jamais dirigé tes affaires tout seul, c’est difficile de sortir de cela ; ou bien tu fais des choses que tu ne dois pas faire.

- Une toile de Nelly Schenker
Chaque fois que je vois l’affiche « J’ai faim dans ma tête » [1], je me dis : « C’est vraiment ça, c’est ça, j’ai faim dans ma tête » ; c’est tout ce que je n’ai pas pu apprendre, pas pour le garder pour moi, mais pour le donner à l’autre, qu’il ait la chance d’apprendre. Surtout apprendre à écrire, savoir écrire. Si on sait écrire, on trouve le chemin vers soi-même. J’ai faim dans ma tête : j’aimerais pouvoir prendre tout et approfondir. Comment les autres ont pu faire ça, pourquoi moi je n’y arrive pas ? J’essaie de trouver des chemins, à droite, à gauche, partout, pourvu que j’aie l’accès de connaître. Pour moi, c’est cela qui est important, connaître, parce ça me manque.
J’aime apprendre la peinture, mais aussi approfondir, comment c’est arrivé cette peinture, qu’est-ce qu’il y a derrière cette peinture et les mots pour parler de cette peinture, des mots qui n’existent pas pour nous ; c’est pour cela qu’il y a le « Workshop » (l’atelier), mais aussi « d’Bildgstaltig » (la mise en forme de l’image), « d’Farbelehr » (la théorie des couleurs), il y a « de Gägestand und d’Natur » (l’objet et la nature), il y a « d’Vorläsige über d’Kunscht » (les conférences sur l’art). Il y a tellement de choses derrière. Comment entrer dans la peinture, si tu ne connais pas ce qu’il y a derrière ?
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